• Watchmen, par Alan Moore & Dave Gibbons

    De longues années après la cessation de leurs activités de Gardiens, les membres d’une confrérie de justiciers se font assassiner les uns après les autres. Le premier d’entre eux, Le Comédien, avait assisté l’armée américaine pendant la guerre du Vietnam. Docteur Manhattan fut quant à lui décisif dans la victoire occidentale. Dans un monde où le pétrole ne régit pas tout, où Robert Nixon n’a pas été éclaboussé par le scandale du Water Gate, Rorschach et quelques autres essayent tant bien que mal de tirer au clair ces assassinats et de révéler leur instigateur...

    Fantasy au Petit-Déjeuner

     

    Fantasy au Petit-Déjeuner

    Watchmen est un Comic Book uchronique écrit par le génial Alan Moore, et dessiné par le non moins fameux Dave Gibbons.

    L’histoire de Watchmen se déroule en 1985, soit 26 ans après la fin de la guerre du Vietnam, remportée avec perte et fracas par l’armée américaine grâce à l’intervention du Dr. Manhattan (seul personnage doté réellement de pouvoirs extraordinaires – mais qui les tire d’un accident tout à fait « trivial »).

    Lorsqu’il est agressé chez lui et défenestré, Le Comédien est l’un des plus anciens justiciers du comics. J’ai bien envie de préciser qu’il s’agit aussi du moins sympathique de la bande. Après avoir rendu visite à ses anciens compatriotes, Rorschach  parvient à composer un trio  pour résoudre cette énigme. Non pas que chacun portait Le Comédien dans son cœur, mais a priori, son exécution n’aurait pas dû être si facile.

    C’est très frustrant parce que si je vous en dis plus, je gâcherai la surprise. Mais je peux d'ors et déjà vous assurer que le dénouement est démentiel et inattendu. Surtout, il évite tout manichéisme et laisse le lecteur incertain quant à l’identification du bon et du méchant de l’histoire.

    Chaque volume de la BD est consacré à un des gardiens et à un aspect de leur histoire. Parmi eux, Rorschach emporte ma sympathie. C’est un homme d’allure respectable dont le seul attribut est son masque mouvant aux formes du célèbre test psychologique. Et de ce point de vue, celui-ci est tout trouvé. Ayant (sur)vécu une pléthore d'évènements, tous plus glauques les uns que les autres, sa transformation en Gardien n'est pas motivée par un quelconque humanisme narcissique. Bien sûr, certains nourrissent des ambitions plus typiques du justicier de comics. D'autres sont clairement dans une perspective de vangeance, certains entendent tirer des compensations physiques et matériels. Mais même les gardiens qui ambitionnent l'amélioration de l'humanité ne s'accordent pas nécessairement sur la marche à suivre. 

    Watchmen est une interrogation cynique sur ces dimensions : que peut-on faire au quotidien pour autrui ? Est-ce qu'autrui est franchement le point central ou bien ne faut-il pas plutôt être honnête et accepter que nos propres intérêts l'emportent ? Et après tout, qu'est-ce qui permet d'identifier les bonnes intentions des mauvaises ? Même l'ignoble a son bon côté. Même la victime a des torts.

    Watchmen doit sa dimension d'oeuvre culte à son ambiance. Si le scénario est à première vue facile, son traitement regorge de subtilités. Le tout servi par la main de maître de Gibbons même si elle semble vieillie par moments.

    Une fois n’est pas coutume, je salue aussi l’adaptation cinématographique récemment produite (on en reparlera...)

    note : 

    Les murmures

    « surpriseretour sur un projet »

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  • Commentaires

    1
    Samedi 25 Décembre 2010 à 15:49

    J'ai moi-même beaucoup aimé ce comics (malgré les dessins qui m'ont rebuté au début), et l'adaptation qui en a été faite. 

    A.C.

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