• Steamboy - DVD (dSC)

    Le défi SteampunkQuoi de mieux pour entamer le défi Steampunk lancé par le Lord que de faire une chronique du film que je considère comme le plus représentatif du steampunk sur grand écran (même si, malheureusement, je n'ai jamais eu l'occasion de le voir au cinéma...), tant au niveau de l'esthétique que ce genre à part entière peut dégager, que des thèmes qui lui sont généralement attachés. Je veux bien sûr parler de Steamboy (2004), ce magnifique film de Katsuhiro Otomo, à qui l'on doit aussi le génial Akira.

    Le défi SteampunkManchester, 1866. Ray Steam (le bien nommé !) est le fils et le petit-fils de deux inventeurs de génie, créateurs de machines à vapeur révolutionnaires, mais qui s'opposent sur l'utilisation qui doit être faite de la science. Ray lui-même est un bricoleur de génie. Lorsqu'il reçoit un paquet de Lloyd Steam, son grand-père, qu'il n'a pas vu depuis fort longtemps, deux mystérieux hommes se présentent à la maison familiale comme des envoyés de la fondation O'Hara, chargés de récupérer le paquet, un mystérieux ballon de vapeur. Or, dans une lettre l'accompagnant, le grand-père de Ray lui indique qu'il lui faut absolument se méfier des hommes de la fondation. S'engage alors une formidable course-poursuite qui mènera Ray jusqu'à Londres...

    Si jamais on me posait la question "Qu'est-ce que tu me conseillerais pour découvrir le steampunk ?", je répondrais sans hésiter une seconde "Steamboy !" Bon, on ne m'a jamais posé cette question, car peu de gens dans mon entourage ne s'intéressent de près ou de loin à ce genre qui, personnellement, me fascine. Et le filmLe défi Steampunk de Otomo possède absolument toutes les qualités : esthétiquement très réussi, visuellement parfait avec son animation qui mêle parfois la 2D et la 3D (sur le plan graphique tout du moins). Les reconstitutions de l'Angleterre du XIXème siècle(1) sont si rigoureuses qu'elles en sont totalement bluffantes, et quand arrivent les machines extraordinaires à la technologie uchronique(2), on reste pantois devant une telle débauche d'effets visuels assez formidables. Bref, Le défi Steampunkavec cette surabondance de superlatifs, vous comprendrez aisément que j'adore ce film que je peux revoir assez souvent sans me lasser. Car le scénario, sans révolutionner le cinéma, est très intéressant. Il nous amène très vite à nous poser des questions sur la finalité de la science. Et pour ce faire, le réalisateur japonais nous donne deux visions, celles des deux savants (devenus un peu fous(3) à force de respirer de la vapeur) qui, l'un comme l'autre, ne sont pas vraiment sympathiques. Car c'est bien à Ray de choisir la voie qu'il doit prendre. Aucun de ses deux ascendants n'est vraiment tendre avec lui. Peut-être le célèbre Robert Stephenson (qui a vraiment exister, et qu'il ne faut pas confondre (comme je l'ai fait, je dois bien l'avouer) avec Robert L. Stevenson) sera-t-il la voix de la raison ? Pas vraiment, car ses raisons ne sont pas aussi pures qu'elles le paraissent de prime abord.

    Le défi Steampunk

    Et quand je vous dit que ce film steampunk est magnifique, c'est qu'il ne manque aucun (ou presque...) des archétypes qui fait que ce genre un peu à part nous plait tant. En effet, sur les machines à vapeurs(4) de plus en plus énormes, voire gigantesques, on peut dire que ça ne manque pas de rivets sur le métal(5), de manomètres(6), et autres engrenages(7). Le tout si minutieusement réalisé que cela confine au sublime. Et dans le ciel, là où glissent lentement de splendides dirigeables(8), le héros Ray chausse ses goggles(9) pour s'envoler sur la plus improbable machine volante, qu'il finit bien évidemment par maîtriser à la perfection...

    Bien sûr, vous l'aurez compris, j'ai eu bien du mal à cacher mon enthousiasme envers ce film. Vous comprenez à présent pourquoi ce défi Steampunk ne pouvait que commencer par celui-là.

    note : 

    manomètre : 90%

    A.C. de Haenne

    P.S. : j'invite tous les étourdis à relire le billet que j'ai écrit à propos de ma participation à ce défi. Ainsi, ce pourcentage de vapeur (quoi de mieux pour juger du côté steampunk d'une oeuvre que de mesurer son taux de vapeur ?) leur sera moins mystérieux...

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  • Commentaires

    1
    Samedi 7 Mai 2011 à 08:59
    Pitivier

    Il faudrait que le lui redonne une chance. Je l'avais trouvé bien trop long à l'époque. Mais il faut dire que les mangas et les animes ce n'est vraiment pa ma tasse de thé et que très peu trouvent grace à mes yeux.

    2
    Samedi 7 Mai 2011 à 09:19

    Oui, long, je te l'accorde, il l'est. D'ailleurs, je crois bien m'être endormi la première fois que je l'ai vu. Et il est arrivé la même chose à ma copine, malgré un visionnage en deux parties (oui, parce qu'on l'a vu avec notre fille...)

    Par contre, ce film n'a rien de manga. C'est bien pour cette raison que je l'adore (je ne suis pas très fan de ce genre). Le côté victorien enlève totalement l'esprit manga. De ce côté-là, c'est bluffant. Et le film d'animation permet des choses qu'un film live ne permettrait pas.

    En tout cas, heureux si ma critique t'a donné envie de le revoir !

    A.C.

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    3
    Samedi 7 Mai 2011 à 10:15
    Efelle

    Il faudrait aussi que le revois, j'en garde un souvenir mitigé. Notamment sur la fin apocalyptique et la grosse machine finale qui ne ressemblait à rien.

    4
    Samedi 7 Mai 2011 à 11:19
    Guillaume44

    Moi aussi pas trop porté manga en général, je suis donc assez réfractaire et cela complique mes visionnages ou lectures. Faudra que je trouve le temps de le regarder correctement.

    5
    Samedi 7 Mai 2011 à 11:44

    @ Efelle : comme beaucoup de Japonais, Otomo semble obsédé par l'apocalypse, cainsi qu'il avait pu le montrer dans Akira. Ici, c'est la version steam de l'apocalypse. La scène finale ressemble beaucoup à celle d'Akira (le film du moins, car je n'ai fait que feuilleter le manga).

    @ Guillaume : comme je le disais à Pitivier, ce film est pour moi tout sauf un manga (du moins, le manga comme je me le représente). C'est bien pour cela que je l'adore car je ne suis pas plus que vous un adepte des BDs japonaises.

    A.C.

    6
    Samedi 7 Mai 2011 à 12:18
    Efelle

    @ A.C. de Haenne : je le sais, mais après Akira (en film et manga), Memories et Metropolis j'ai eu comme une lassitude d'Otomo sur ce film.

    7
    Samedi 7 Mai 2011 à 12:42

    Oui, je comprends. Personnellement, j'ai vu Akira il y a fort longtemps (en cassette vidéo, c'est dire...) et je n'ai pas vu les deux autres dont tu parles (Metropolis est steampunk, n'est-ce pas ?). Donc pour moi, Steamboy est un film formidable (malgré ses défauts) !

    A.C.

    8
    Samedi 7 Mai 2011 à 12:51
    Efelle

    Metropolis est plus SF que Steampunk c'est une reprise du manga de Tezuka (lui même faisait il un hommage à Fritz Lang ?) à la sauce Otomo (donc BOOM ! à la fin.).

    9
    Samedi 7 Mai 2011 à 12:57

    Dans son essai sur le Steampunk, Etienne Barillier cite Metropolis comme une oeuvre relevant du steampunk. Il y a-t-il, peu ou prou, des élément pouvant quand même y faire penser ?

    Oui, le BOOM final semble être sa marque de fabrique...

    A.C. 

    10
    Samedi 7 Mai 2011 à 13:45
    Pitivier

    Ce n'est pas un manga car le manga c'est de la BD et c'est pour ca que je parle aussi d'anime.. Par contre l'adaptation en BD est un manga. Et d'ailleurs je trouve que Steamboy, bien que se passant en angleterre, est très japonais dans l'ame.

    11
    Samedi 7 Mai 2011 à 13:53

    Désolé de te contredire, Pitivier, mais au contraire je trouve ce film tout sauf japonais. Oui, car le sens du détail de la reconstitution (au niveau architectural, des costumes...) est impressionnant. Certaines scènes ont un petit côté réaliste à la Dickens assez bluffant je trouve, loin des clichés que les japonais peuvent avoir sur nous autres européens (on en a un paquet sur leur compte, je pense). Peut-être quelques détails peuvent faire penser à une japanisation de ce XIXème siècle, mais j'avoue qu'ils m'ont échappé...

    A.C.

    12
    Samedi 7 Mai 2011 à 14:15
    Pitivier

    Tu me parle d'un décor là. Est ce que le manga Monster ne fait pas japonais parce qu'il se passe en Allemagne et que la majorité de ses personnages sont européens ?

     

    De mémoire, il y a dans Steamboy beaucoup de themes qui se retrouve dans bon nombre d'oeuvres japonaise. Et d'ailleurs, je trouve que Steamboy a beaucoup de points commun avec Akira comme

    - l'homme contre la machine

    - l'opposition entre la modernité et les traditions (thème récurrent chez les japonais)

     

    Cette touche japonaise se retrouve aussi beaucoup dans la psychologie des personnages qui sont empreints de valeurs comme le sens du devoir ou le sacrifice.

    13
    Samedi 7 Mai 2011 à 14:38

    Oui, je te l'accorde. 

    Et tu peux ajouter à tous ces thèmes celui de l'apocalypse qui, comme je l'ai déjà dit (mais j'enfonce là une porte ouverte...), obsède littéralement les Japonais. Et pour cause, vu qu'ils sont le seul peuple à avoir subi non pas un mais deux cataclysmes nucléaires sur leurs villes (les Algériens l'ont subi aussi, mais dans le désert, et les habitants de Bikini et de Mururoa, ce fut dans des atolls "isolés").

    Oui, tu as raison, et le grand-père Lloyd Steam a un côté asiatique assez remarquable (même si je ne parviens pas à décrire pourquoi).

    Par contre, ces décors comme tu dis sont loin des clichés, comme ceux des villes européennes du Chateau dans le Ciel ou de Sky Crawlers. Après, je suis loin d'être un spécialiste. Je n'aime pas les mangas, et peu d'animes japonais me parlent vraiment.

    A.C.

    14
    gaara suna
    Mercredi 1er Février 2012 à 19:03

    c'est un manga trés formidable 

    15
    gaara suna
    Mercredi 1er Février 2012 à 19:04

    c'est géniale et magnifique waw ça c'est un manga

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