• Silence, de Comès

    Silence... C'est son nom. Son surnom, plutôt. Silence est sourd-muet. Il vit à Beausonge, un hameau des Ardennes. Il ne rêve que d'une chose : voir la mer... En attendant, il sert d'homme à tout faire à Abel Mauvy, l'homme le plus puissant du village. Quand il peut grappiller quelques minutes de temps libre, Silence déambule dans la forêt. Il enfouit des objets dérisoires dans une pauvre caisse cachée sous un chêne. C'est un enfant, doux et inoffensif, qui ne connaît pas la haine. Et pourtant, s'il savait... Car derrière ses apparences de tranquillité, Beausonge dissimule un terrible secret. Et les secrets sont faits pour être découverts un jour...

    Le défi Steampunk


     

     

    Silence est un voyage particulier dans la campagne française. Comès décrit, invente aussi sûrement, Le défi Steampunkdes « gueules » des familles et des histoires de tous les jours. Des histoires de tous les jours, certes, mais des histoires d’il y a longtemps aussi. Des secrets, comme souvent avec Comès, sont bien incrustés. Ils sont enfouis, refont surface épisodiquement, se ressentent dans des non-dits et des animosités que le lecteur prend son temps pour déplier. 

    Outre le scénario de fond, qui est en lui-même une vraie petite nouvelle construite et agréable, il faut aussi s’attarder sur le cadre. Une fois n’est pas coutume, tous les protagonistes servent le tableau puisque c’est bien de ça dont il s’agit. Il y a Silence bien sûr. Littéralement perçu comme « l’idiot du village », voire « le roi des imbéciles ». Mais, au moins, n’est-il pas roi de quelque chose. « Heureux les simples d’esprit… » ? C’est cela non ? Or, Silence ne tardera pas très longtemps à perdre sa naïveté. En quelques cases, Comès produit une réflexion puissante, expéditive. Et puis, Silence connait aussi une autre forme de perte de naïveté. Enfin, la pate graphique de Comès est certes particulière, mais elle est incisive comme ses histoires. Tout est là pour servir l'initiation du jeune homme...reste à savoir ce qui était le mieux. En tout cas, Comès sous entend la question et interroge l'humanité. Pas en tant que lignée bien sûr, mais en tant que notre attitude face à autrui, aux différents, aux étrangers, à soi ? 

    Mais Silence souffre aussi de quelques lourdeurs. Malgré ses qualités, le rythme relativement lent, le format (mais une fois qu’on le considère comme un roman graphique ça devient plus clair), et même l’ambiance peuvent laisser froid.

    En revanche, le bémol est léger. A priori, on sait à quoi s’attendre en ouvrant Silence. Pour moi, Comès est trop méconnu par rapport à son œuvre et à cette BD en particulier.

     

    Note :

      

    Les Murmures.

     

    CITRIQ

    « Babylon Babies, de Maurice G DantecCyclones, de Karim Berrouka, Bruno Leray et Philippe Aureille »

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 1er Juin 2011 à 09:26
    Efelle

    Lu au cours de mon adolescence, j'en garde un bon souvenir.

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    2
    Mercredi 1er Juin 2011 à 14:52

    Tout comme Efelle, une expérience de lecture adolecente, même si je ne suis vraiment pas sûr d'avoir tout compris à l'époque...

    A.C.

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