• Roi du matin, reine du jour, de Ian McDonald

    Sous trois formes stylistiques radicalement distinctes l'une de l'autre, les trois parties de ce roman (en réalité, il y en a quatre, mais l'une d'entre elles est réellement anecdotique) relatent les destins intimement liés de trois jeunes filles d'Irlande du Nord, à des époques différentes. Entre la raison et l'imagination, entre le mythe et la réalité, entre la folie douce et la violence crue des faits, il se trouve un interstice que peu de gens savent voir...

    Ondes sonoresLe premier texte, "Craigdarragh", se passe juste avant la première guerre mondiale. Dans une maison bourgeoise du nord de l'Irlande, deux drames sont en train de se dérouler. Dans cette partie qui prend la forme d'un roman épistolaire, le style est des plus classique. À tel point que parfois, on a l'impression de lire du Arthur Machen, l'auteur du «Petit Peuple». Tant par l'écriture que par les thèmes abordés, il existe un véritable lien.

     

    Dans la deuxième partie, "Le front des mythes", la transition stylistique est radicale. C'est si vrai qu'on a parfois l'impression de ne plus lire le même livre. 

    La dernière partie, "Shekinah", est la partie moderne du roman. Elle se situe à la toute fin des années 80 (le roman date de 1991).

    Quand on achève la lecture d'un livre comme « Roi du matin, reine du jour », on est pris d'un étrange sentiment, celui d'une révélation. Étrange tant il est vrai que la lecture d'une telle œuvre n'est pas toujours aisée. Dans la deuxième partie, qui est à mon avis la plus aboutie, et la plus belle aussi, il y a des passages totalement déconstruits, puis reconstruits ; un peu à l'instar des talismans fabriqués par l'un des personnages pour repousser les mythes. « Roi du matin, reine du jour » est tout sauf une œuvre facile. 

     

    Ainsi, lorsqu'on repose ce livre, on se surprend à avoir presque tout compris alors qu'on naviguait quelques fois totalement à vue dans les méandres d'un propos parfois brumeux et fantasmagorique.

    Bref, un magnifique moment de lecture avec ce petit bijou que nous propose la collection "Lunes d'encre". Qui a dit comme d'habitude ?

    Une version plus complête de cette critique est disponible sur le site de la Yozone...

    note : 

    A.C. de Haenne

    CITRIQ

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  • Commentaires

    1
    Les-murmures
    Samedi 22 Janvier 2011 à 13:41

    Très belle chronique !

    2
    Samedi 22 Janvier 2011 à 17:35

    Il me titille du coin de l'oeil dans l'étagère depuis un moment. Et tu me donnes bien envie!

    3
    Samedi 22 Janvier 2011 à 23:43

    Et j'en suis bien heureux !

    A.C.

    4
    Dimanche 23 Janvier 2011 à 12:52

    Moi j'ai bien aimé la troisième partie !

    5
    Dimanche 23 Janvier 2011 à 14:05

    Tu veux dire Coda ?

    A.C.

    6
    Lundi 24 Janvier 2011 à 08:27

    Euh, non, j'ai mal compté, je veux parler de la Fantasy Urbaine, Shekinah. Le Front des Mythes m'a épuisé par ses longues énumérations...

    En tout cas, cette œuvre, loin d'être facile, reste en tête un sacré moment.

    7
    Lundi 24 Janvier 2011 à 17:51

    J'ai tout aimé mais c'est vrai que la dernière partie est la plus moderne, sûrement la plus accessible. Il est vrai que Le Front des Mythes, avec son côté onirique, a bien failli me tomber des mains. Mais je suis content d'avoir tenu car cette partie est essentielle à la compréhension de l'ensemble, que j'ai un peu vécu comme une épiphanie littéraire à la toute fin du livre. 

    Un grand roman qui a mérité son G.P.I. !

    A.C.

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