•  

    Est-ce que la démarche de se faire lire, que ce soit pour des écrits ou pour le blog, est facile pour vous ?

     

    A.C. : Au début, je dois avouer que ce n'était pas évident. Se confronter au regard des autres était Ondes sonoresstressant. Et puis, rapidement, je me suis rendu compte que c'était pour ça que j'écrivais. Avoir un retour, bon ou mauvais, sur mon travail me fait progresser. Mais quand en plus, on te dit avoir pris du plaisir en lisant ta prose, ça c'est bon. À présent, être lu est vraiment un plaisir immense.

     

    Et toi, comment vis-tu ce passage obligé de l'écriture ?

     

    L.M. : Avec beaucoup de mal j’avoue. Autant, pour le blog ça va. Pour l’université plus ou moins même s’il y a toujours une appréhension. Par contre, pour tout ce qui touche à l’art, c’est plus complexe. C’est probablement pour ça que rien de ce que je fais ne se développe réellement.

     

    Des projets d’évolution pour Le Blog d’A.C. de Hænne ?

     

    A.C. : Disons que mon projet de rénovation de maison risque de pas mal me prendre le peu de temps que je pouvais consacrer au blog. Bien sûr, il me sera totalement impossible d'abandonner la rédaction d'articles (cinéma et livres), mais ma contribution se trouvera réduite. Je compte sur toi et sur nos lecteurs pour faire en sorte de rendre ce blog aussi vivant que possible. Donc, dans un premier temps (disons, jusqu'en septembre environ), et pour répondre à ta question, je dirais « non, pas d'évolution ». Ensuite, on verra...

     

    Toi, tu as des idées à développer ?

     

    L.M. : Des idées, j’en ai toujours plein ! Perso, je rêve d’un podcast. Mais un jour ça me prendra, et j’en ferai un. Ça sera probablement éphémère et les voyants seront Ondes sonoresau rouge. Court et intense comme un album des Stooges. Ça sera beau.

     

    A.C de Hænne : Les Murmures, j'aimerais savoir pour quelles raisons tu aimes écrire sur le Blog ? Qu'est-ce que ça t'apporte ? Et qu’est ce qui te plait encore aujourd'hui ?

     

    L.M : J’aime toujours écrire sur le Blog ! Mais tu avais dû en parler sur steampunk-fr, et j’ai accroché. L’ambiance générale, l’envie de découvrir des trucs. Le besoin de lire autre chose que mon quotidien. Du changement, c’est surement ça que je trouvais. Du changement et de l’ouverture d’esprit. Ce n’est pas si courant.

    Après, j’avoue m’être posé la question assez souvent : est ce que je fais un blog à moi ou pas ? En même temps, je n’avais ni le temps ni le courage de créer quelque chose. J’avais déjà des tas de projets qui me prenaient du temps (une asso notamment). Alors, quand tu m’as proposé de m’associer à toi, je n’ai pas hésité. Et je ne le regrette pas bien sûr même si c’est frustrant. Je ne peux pas accorder autant de temps que je voudrais/devrais à mon style d’écriture. J’ai l’habitude de reprendre un texte de nombreuses fois avant de le présenter. Mais je n’arrive pas à concevoir le blog ou mes écrits de cette manière. Pour moi, cela doit rester spontané. Ça doit sortir comme ça vient.

     

    Un dernier mot à nos lecteurs ? Ou un « merci à tous et toutes pour votre assiduité et vos commentaires » est satisfaisant ?

     

    A.C. : Un dernier mot ? Lisez beaucoup et allez au cinéma !

     

    L.M : C’est les Lyonnes qui disent ça non ? Moi je citerais bien Pink Floyd pour le coup…Together we stand, divided we fall. Et puis…comme dirait la chanson…La jeunesse emmerde le front national. Moi aussi.

    Ondes sonores

     

    Voilà, nous sommes à la fin de cette interview croisée. J'espère que vous aurez pris autant de plaisir que moi à le suivre. Et je remercie bien sûr A.C de m'avoir fait une petite place et de s'être prêté à mes questions curieuses (ou de curieux, allez savoir).

    Alors, à bientôt pour de nouvelles aventures ! N'hésitez pas à les enrichir de vos commentaires et, surtout, participez aux sondages ! Ils nous sont précieux.

    Les Murmures.


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  • La suite comme promis :

     

    Est-ce qu’il y a un auteur qui ne vous a jamais déçu ?

     

    Ondes sonoresA.C. : Ouh là ! Encore une question ardue ! Pour que la réponse soit valable, je dois parler de l'auteur que j'ai le plus lu. Terry Pratchett. Même si c'est parfois inégal, c'est quand même du très très bon (même lorsqu'il lorgne sur la SF, comme avec Strate-à-Gemme). Outre la fameuse série du Disque-Monde, sa trilogie des Gnomes est aussi excellente.

     

    L.M. : J’ai déjà parlé d’Arthur Rimbaud ? Mais pour rester en littérature, Boris Vian, sans hésiter.

     

    Êtes-vous souvent au contact de livres et de l’écriture au quotidien ?

     

    A.C. : Oui. Tous les jours, je lis, et j'écris. Des critiques beaucoup. Pour le blog bien sûr, mais aussi sur la Yozone, et depuis peu pour le fanzine Présences d'esprits. En ce qui concerne la fiction, c'est malheureusement le parent pauvre de mon écriture. J'ai un boulot assez physique, qui me pompe pas mal d'énergie... J'aimerais pouvoir m'y consacrer totalement...

     

    L.M. : Pour le coup ma réponse sera courte et contenue dans une seule phrase : j’écris une thèse. Au sens propre du terme. Je nourris l’ambition intérieure de remplacer le Docteur Laurent ! Sinon effectivement, j’écris beaucoup, dans un registre universitaire comme pour moi. J’ai écrit pas mal de « poésie » et paroles de chanson, des nouvelles aussi un peu. Mais je n’étais pas assez patient. C’est mon côté punk à moi. Peut-être pour ça que je préférais la musique. Ça gêne personne si tu renverses des verres en chantant des hits punks rock. C’est raté pour la réponse concise on dirait.

     

    Si vous ne deviez choisir qu’un personnage emblématique de la Culture Mauvais Genre ?

     

    A.C. : Oh, la question difficile que voilà ! Puisque tu ne me demandes pas obligatoirement un Ondes sonorespersonnage fictif, je te dirais François Angellier, producteur-animateur de la fameuse émission Mauvais Genres, sur France Culture.

     

    Et toi, aurais-tu un nom à donner ?

     

    L.M. : J’ai oublié de le citer dans ce qui m’a amené à la Culture Mauvais Genres. Mais assurément, il en est le responsable. Arthur Rimbaud ! Dans le genre, je fais ce qu’il me plait, et je suis un génie, et vous me faites chier. C’est un mythe pour moi.

     

    Votre top 5 ?

     

    A.C. : Sans hésiter :

     

    1. Fafhrd et le Souricier Gris (je sais, ils sont deux...)  
    2.   Sherlock Holmes  
    3. Conan le Cimmérien
    4.  Willow
    5.   Cobra

     

    L.M. : Beaucoup plus dur pour moi…je suis pas sûr de réussir à ne caser que des personnages de Ondes sonoresfiction. Mais voici 5 personnages qui m’ont fait rêver/fantasmer ou qui m’ont donné envie de coller un coup de chaussure coquée dans la fourmilière.

     

    1. Arthur Rimbaud (c’est un roman à lui tout seul ce type)
    2. David Bowie le caméléon ex aequo avec Iggy Pop l’iguane
    3. Arsène Lupin
    4. Snake Plisken
    5. Cobra aussi tiens

     

    Je m’arrête là, mais cette liste peut changer dans 10 minutes. C’est drôle, j’ai du mal à personnifier les romans, à en dégager un personnage particulier.

     

    Est-ce que vous avez des projets actuels, artistiques ou autres ?

     

    A.C. : Au niveau de l'écriture, toujours un paquet de projets de nouvelles et de romans en cours. Toujours aussi peu de temps pour les mener à bien. Sinon, au niveau personnel, 2011 est l'année de l'achat d'une maison à rénover. Donc, beaucoup de boulot en perspective...

     

    L.M. : Je termine une nouvelle uchronique. D’ailleurs, je pense que je vais chercher des relecteurs quand je serai satisfait du « premier » jet. Ensuite, j’aimerais réécrire une vielle nouvelle SF post apocalyptique que j’avais écrit il y a…presque dix ans maintenant. J’étais donc très jeune, et j’écrivais encore plus mal que maintenant. Mais il y avait de bonnes idées. Je participe au développement de la communauté steampunk francophone. J’espère qu’on pourra présenter des choses bientôt. Et puis, j’ai une thèse à écrire quand même…j’ai de quoi faire donc. Et le blog bien sûr !

     

    Ça fait longtemps que vous écrivez ?

     

    A.C. : Que j'écris tous les jours, ça va faire six ans et demi !

     

    L.M. : j’ai retrouvé un texte de moi, il datait de 1997. J’avais donc dix ans…mais je me suis remis à écrire régulièrement (beaucoup de chansons puisque je fréquentais beaucoup la scène alternative locale) en fac. En gros.

     

    Quels sont vos supports fétiches ?

     

    A.C. : Aucun. En fait, je préfère quand je travaille avec un stylo. Mais j'écris mieux à l'ordinateur. Mes Ondes sonoresidées sortent mieux.

     

    L.M. : Je suis heureux avec une platine vinyle, un cahier, un crayon, et une bonne bouteille de n’importe quoi tant que c’est bon.

     

    Ça vous est arrivé de faire un film ou de participer à un tournage ?

     

    A.C. : Non.

     

    L.M. : Oui, j’ai souvent été figurant au lycée, et j’ai touché au montage. Mais, pour me répéter, je touche surtout ma bille en mixage audio et à la programmation musicale (j’ai un projet musical en stand by où je bidouille un peu).

     

    Est-ce que parmi les personnages que vous avez pu développer, certains vous tiennent à cœur tout particulièrement ?

     

    A.C. : Oui, il y en a deux, qui font partie de deux univers différents : Aøk et Alex.

     

    L.M. : j’avoue que je commence à tenir à Valer. Mais c’est bien le seul.

     

    Vous diriez qu’ils sont une facette de vous même ?

     

    A.C. : Oui. Enfin, des parties fantasmées de moi-même. L'un pour la partie physique, l'autre parce qu'il est une idéalisation de mon intellect.

     

    L.M. : Complètement ! Après, Valer, ou Les Murmures, ce sont deux faces d’une même pièce. A Ondes sonoresl’origine, Les Murmures de Valer devait être un projet multi-supports. Il se trouve que pour l’instant l’un se développe plus que l’autre. Mais je ne perds pas espoir.

     

     

    Est-ce que la démarche de se faire lire, que ce soit pour des écrits ou pour le blog, est facile pour vous ?

     

    La suite, demain ! 


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  • Tous les gens qui ont des enfants savent à quel point cette durée est importante. Eh oui, ça fait déjà neuf mois que vous suivez la vie de ce blog qui ne demande que votre participation pour grandir : par votre lecture que j'imagine attentive, vos commentaires que je sais toujours pertinents, et vos réponses aux sondages qui nous sont précieux car ils nous servent à mieux vous cerner. Eh oui, j'emploie le "nous" car depuis trois mois maintenant Les Murmures est venu rejoindre l'équipe de rédaction qui se composait de... moi-même. Depuis le début, je trouve cette collaboration aussi positive qu'enrichissante. Elle nous permet à tous (rédacteurs comme lecteurs) d'ouvrir des horizons. Car il est toujours bon d'aller au-delà de ce qu'on connaît. C'est en cette occasion des neuf mois que Les Murmures a eu la (bonne) idée d'une interview un peu particulière, histoire que, pour une fois, nous nous dévoilions un petit peu...

    Mais en attendant la surprise qui ne va plus tarder maintenant, je vous propose la rituelle image en hommage à Frank Frazetta :

    Ondes sonores

    A.C. de Haenne


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  • Nous arrivons au neuvième mois du Blog. C’est un petit événement. Moi, j’y suis présent depuis un tiers de son existence, au moins en tant que rédacteur. Si on fait une petite rétrospective, mis à part certains pics vraiment étonnants, on observe aussi une augmentation progressive de la fréquentation et surtout, une fidélité certaine de lecteurs et de lectrices. De nouvelles chroniques sont apparues, mais aussi des registres peu explorés à la création du blog. J’ai l’impression, en fait, que si nous parlons des mêmes (mauvais) genres de choses, nos parcours « de consommateurs de Culture » sont assez différents : Interview croisée !

    Les Murmures.

     

    Qu’est-ce qui vous plait dans la Culture Mauvais Genres ?

     

    A.C. de Hænne : Ce qui m'a amené vers la Fantasy, le Fantastique, le Polar et, plus récemment vers la Science-fiction, c'est un besoin d'évasion. Depuis l'enfance, je cherche à quitter mon quotidien morne et plat. Les films et les livres sont de merveilleux moyens d'y parvenir.

     

    Ondes sonoresLes Murmures : Et bien, je crois que je suis entré dans le Mauvais Genres par la musique. On en reparlera plus bas je pense. En fait, c’est plus compliqué que ça. Quand j’étais gosse, j’ai été nourri à la collection Chair de Poule. C’étaient des livres pour enfant qui se voulaient livres d’horreur. Parmi ceux-ci il y en a deux qui m’ont marqué (mais je ne me souviens plus des titres) : un se passait dans un parc d’attraction et l’autre ça devait être un truc genre La momie, ou La malédiction de la momie. Enfin, un truc mâtiné de mythologie égyptienne. Puis il y a eu un programme polar au…collège ou lycée je sais plus où j’ai lu Les buveurs de rêves qui m’a vraiment marqué. Et puis je me suis mis à la musique. Je lisais peu, mais je me passionnais pour des groupes obscurs et alternatifs. Je suis revenu à la lecture qu’après.

     

    Jusqu’’il ya peu, il y avait certes des livres et des films, mais assez peu de BD et pas de musique. Seriez-vous des hommes de livres ?

     

    A.C. : de films plutôt. Même si j'ai toujours lu, ce n'est que depuisOndes sonores sept ou huit ans que la lecture fait partie de mon quotidien. Le cinéma par contre, ne me quitte plus depuis 20 ans maintenant. Même quand j'ai passé un mois à Bratislava, j'ai réussi à aller voir cinq films ! ;-) OK, ce n'est pas toujours en salles obscures, et en version originale (heureusement est arrivé le DVD !), mais c'est quasiment exclusivement des films de genre.

    En ce qui concerne la BD, j'en ai lu, dans mon enfance, et même après. J'en lis moins, voilà tout.

    Pour la musique, à part le classique (Mozart, Prokofiev...), The Doors et les Têtes Raides, j'avoue assez facilement m'en passer. Je suis très heureux que tu aies ouvert cette rubrique sur le blog.

     

    Et pour toi, Les Murmures, la musique prend une grande place dans ta vie ?

     

    L.M. : Oui ! Depuis que j’ai récupéré mon premier tourne-disque (un vieux machin d’époque), j’ai pas arrêté. J’ai clairement plus de musique que de livres/BD. Même de film. Mais je ne télécharge pas, si ce n’est les vieux albums en vinyles que je n’ai pas envie d’acheter en CD. J’écoute quelque chose comme entre 5 et 8 albums par jour, et je peux passer un bout de temps sans écouter deux fois la même chose. En fait, ado, j’ai découvert un petit disquaire indé, dans un local minuscule. Et j’y passais mes journées (enfin, fin d’aprèm car j’avais lycée quand même), à écouter de la musique, lire des vieux magasines BD/comics et m’encanailler assez régulièrement…

     

    Est-ce que les films et les livres sont au même niveau pour vous (d’un point de vue sensibilité, affection, etc.) ?

     

    A.C. : Définitivement non. Le cinéma gagne haut la main ! Depuis mon adolescence, j'ai nourri Ondes sonoresmon imaginaire de milliers de films, pas toujours très bon je dois bien l'avouer. J'adore me déplacer dans une salle obscure et vibrer avec des inconnus. C'est tellement bon ! Même si, depuis neuf ans que j'habite dans une petite ville des Pyrénées qui ne possède qu'une seule salle de ciné, ce n'est pas toujours évident d'assouvir cette nécessité vitale (j'exagère à peine) de voir des films récents. Je compense tout de même pas mal avec le vidéoclub, car, moi non plus, je ne télécharge pas ! Le DVD est une invention géniale car il permet de voir tous les films en V.O. (sauf les films que je regarde avec ma fille, bien sûr !) Le cinéma, du moins celui que j'apprécie, apporte une émotion unique car c'est un art total. Les cinéastes qui me font vibrer sont tous (ou presque) américains, mais à la marge du système hollywoodien : David Lynch, les frères Coen et Terry Gilliam, pour les meilleurs d'entre eux. Cronenberg, Carpenter et Scorsese, pour certains de leurs films, ont réalisé parmi les plus grands chefs d'œuvre du cinéma mondial. Tous ces réalisateurs ont un univers bien à eux, inimitable. J'aime les suivre de film en film, voir où ils vont m'emporter. J'aime être transporté, loin, très loin de mon quotidien souvent trop étroit. 

    Bien sûr, la lecture m'apporte aussi cela, mais c'est une activité solitaire qu'on peut plus difficilement partager. Même si j'adore lire, le problème c'est que je lis (relativement) lentement, et c'est assez frustrant. Je ne peux lire deux romans à la suite dans une même soirée. Avec le cinéma, c'est possible. Le réveillon de Noël 1998, je me suis même fait trois films à la suite.

     

    L.M. : Comme je le disais tout à l’heure, la musique m’a permis de m’échapper, de passer par tous les sentiments humains. J’ai des souvenirs de soirées de la fête de la musique passée chez mon Ondes sonoresdisquaire, à écouter de la musique et à m’abreuver…ou de nuits blanches à écrire et à écouter de la musique. Elle ne me quitte jamais. Les films, ça a souvent été au dessus de mes moyens, contrairement aux disques que j’empruntais allégrement. Après, je regarde des films. C’est pour ça aussi que j’aime la BD, j’en trouvais beaucoup chez ce disquaire, avec une quantité de livres à 1€. Dans mon imaginaire d’adolescent blasé révolté en colère contre tout et tous, le cinéma m’apparaissait comme un loisir de riches. Bon, aujourd'hui, j’ai nuancé mon point de vue bien sûr. Mais à l’époque, j’étais plus friand des rendez-vous après-midi où on envahissait la rue (qui n’était pas piétonne mais qui le devenait) en poussant la musique. Mais je n’ai jamais retrouvé cette ambiance encore. L’avantage des petites villes surement.

    Voilà, la suite arrive dès demain, promis...


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  • En effet, demain, Les Murmures nous dévoile enfin la petite surprise qu'il nous a préparée. Je ne sais pas pour vous, mais moi je n'y tiens plus !

    A.C. de Haenne


    5 commentaires
  • Deux jours encore avant de découvrir la petite surprise que nous a concoctée Les Murmures... Je ne sais pas pour vous, mais moi je suis très impatient de savoir de quoi il en retourne (bon, je sais un peu, mais pas totalement) !

    A.C. de Haenne


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  • Juste un petit billet pour vous annoncer qu'on vous reserve une petite surprise pour le mercredi 16 février. Je ne peux pas vous en dire trop, à part que cette bonne idée vient de Les Murmures, et que j'espère de tout coeur que cela va vous plaire.

    A.C. de Haenne et Les Murmures


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             Qu'importe la destination, ce qui compte c'est le voyage.

     

    Cette maxime dont je ne sais plus qui en est l'auteur, semble avoir été prise au mot près par un genre littéraire à part entière : le roman d'apprentissage. Si parfois il est écrit et perçu comme tel. Il arrive également que cette dimension soit noyée parmi d'autres attributs. Ce faisant, le roman d'apprentissage est polymorphe. Dans cet article, j'aimerais bien sûr sortir des sentiers battus. Je commencerai par expliciter ce que j'entends par « roman d'apprentissage » en tachant d'en donner une définition suffisamment large pour ne pas être réductrice mais précise pour qu'elle fasse sens. Dans un second temps, j'illustrerai mon propos avec des exemples typiques pour déplacer le regard vers l'implicite. Bien sûr, tout ce qui sera dit et toutes les interprétations que j’aurai des œuvres citées n’engageront que moi-même.

     

                Le roman d'apprentissage : de quoi parle-t-on ?

     

    Si on en reste au sens propre de l'appellation, le roman d'apprentissage met en scène un protagoniste Ondes sonoresqui « apprend » quelque chose pendant son aventure. Autrement dit, il évolue de bien des manières. C'est donc une historie dynamique dans la mesure où il s'y passe quelque chose. Vous conviendrez que dynamique ne veut pas forcément dire rythmée. L'apprentissage peut être long et lent. Il peut se traduire de manière explicite par un événement, marquant clairement un tournant. Il peut aussi naitre d'une réflexion a posteriori, d'un changement progressif et psychologique difficile, tant pour le personnage que pour le lecteur, à identifier. 

    Le roman d'apprentissage peut mettre en scène toute sorte d'individus aux profils différents. Cependant, par commodité ou pour une autre raison, il s'agit souvent d'un enfant ou d'un jeune adulte. Ce personnage peut voyager comme il peut rester à demeure. En effet, comme pour formaliser le cheminement du protagoniste, ce dernier peut franchir un territoire plus ou moins étendu. Il y rencontrera assurément autant d'alliés que d'embuches, des environnements bienveillants, ou pas, etc. Le voyage peut aussi être intérieur. Ce qui importera sera la transformation opérée finalement. Sur quel état le voyage débouchera ?

    Ces deux grandes dimensions sont plus des points de repère qu'autre chose. Ils serviront de guide à cet article pour classer les différents exemples que je vais vous présenter. Je vous invite bien sûr à intervenir si vous vous sentez l'envie ou l'enthousiasme.

    Pour synthétiser les deux attributs principaux dégagés : le roman d'apprentissage est une histoire où le héros apprendra quelque chose ou au moins tirera un enseignement de sa situation. Le cheminement peut être long comme il peut être brutal. Il peut s'agir d'un voyage au sens commun du terme, c'est-à-dire géographique, comme il peut être psychologique. Il peut s'achever sur un changement d'état, sur un passage d'un statut à un autre, comme il peut être plus diffus et par là même difficilement identifiable formellement.

     

                Quelques exemples

     

    Pour illustrer mon propos, je vais essayer de vous présenter brièvement deux sortes de romans d’apprentissage, du plus typique au plus inattendu. Ceci dit, le mauvais genre peut il être typique ?

     

                             The catcher in the rye de J.D Salinger

     

    Pour rendre hommage à ce grand monsieur de la littérature décédé il y a à peine plus d’un an, je vais vous présenter l’un des livres qui m’a le plus marqué. Comme le hasard fait bien les choses, ou Ondes sonorespeut être parce que je le force un peu, The catcher in the rye traduit en français en L’attrape cœur peut être considéré comme un roman d’apprentissage. Cependant, il se révélera à des années lumières des sentiers battus. 

    Holden Caulfield est un adolescent qui vit en internat. En délicatesse avec l’institution scolaire, il est renvoyé et convié à retourner chez ses parents. Seulement, pendant 48h, il décide de réserver une chambre d’hôtel à NYC. Il découvrira alors la danse nocturne avec des jeunes filles dans un bar. Il rencontrera une prostituée et le milieu des proxénètes. Il explorera de nuit un musée et se rendra chez un ancien professeur un peu trop pervers. Il comparera la situation adolescente avec une inexorable avancée vers le gouffre. Au passage, je précise le style autobiographique. C’est bien Holden qui s’exprime à la première personne (et non l’auteur, bien que le caractère intemporel de l’œuvre laisse la porte grande ouverte). Holden a une sœur, qu’il rencontre à la fin de son périple et qui le rapproche un peu plus du terme de sa vie adolescente.

    Tous les ingrédients semblent réunis. Nous avons un jeune homme identifié, Holden, en plein questionnement existentiel sur le passage à la vie adulte. Nous avons une ville de débauches. Nous avons la prise de conscience de sa condition éphémère et de l’incertitude de l’avenir.

    Ce qui fait de L’attrape cœur une grande œuvre tient beaucoup au tour de force de Salinger à l’issu de l’histoire. On se met à douter de ce qu’on a lu. On ne peut plus départager le vrai du faux. Ce roman d’apprentissage prend alors une enveloppe psychologique où ce qu’on lit d’Holden, et ce qu’on lit de nous même au travers de la lecture, se confond.

    Car une caractéristique de ce genre est bien que le lecteur évolue au même titre que les protagonistes de l’histoire.

     

                            Le Xijou-Ji de Wu Cheng’en

     

    Cela fait un moment que j’ai envie de vous parler de ces deux pavés de mille pages/papiers à Ondes sonorescigarette chacun. De nombreuses traductions existent. Parmi la plus connue, on peut citer Le voyage vers l’ouest ou La pérégrination vers l’ouest. Le Xijou-Ji a notamment été adapté de nombreuses fois dans la culture manga (Saiyuki ou Dragon Ball par exemple).

    Il s’agit d’une œuvre du XVIème, véritable joyaux de la littérature chinoise. Il met en scène un moine, Xuanzang, mandaté pour se rendre vers l’ouest (donc de Chine en Inde) afin d’y récupérer et de ramener à la Cours les sutras – textes sacrés bouddhistes. Il sera assisté dans son périple par la bodhisatva (disons déesse pour vraiment simplifier) Guanyin qui lui permettra de rencontrer trois créatures du folkrore chinois : sun wukong, le dieu singe (Singet dans ma version), Zhu Bajie, Porcet, et Shaseng, Sablet. Leurs noms font écho à des caractéristiques morale (Porcet s’est rendu coupable d’excès de chair, dans tout les sens du terme. Sablet est un être des marais/sables). Singet est un peu à part.  C'est davantage sa vanité qui sera punie. Quoi qu’il en soit, chacun de ces démons ont été condamnés pour un crime qu’ils ont commis dans le royaume de Bouddha. Singet l’a carrément défié et a saccagé son territoire…

     

    Dans le Xijou-Ji, l’apprentissage est polymorphe. Le voyage en tant que tel est avant tout un prétexte pour décrire à la fois historiquement la Chine de l’époque (ses croyances, sa médecines, certains rituels etc.), et à la fois pour exprimer des vertus ou des vices plus spirituels. Tout au long de leur périple chaque protagoniste, moine compris, vont apprendre les uns sur les autres. Ils vontOndes sonores apprendre à maitriser leurs vices d’une part. Singet va apprendre à être moins impulsif, Porcet à être moins vorace et, surtout, plus solidaire avec ses compagnons. Sablet…fait le nombre à mes yeux. Il est un peu l’éprouvette témoin. Xuanzang, lui, va apprendre à être moins manipulable et moins niais.

    Ainsi, en accomplissant cette voie plus spirituelle que physique, le groupe va devenir plus fort, physiquement et psychologiquement. D’ailleurs, le retour en Chine se fait très vite. C’est fou comme cent pages paraissent dérisoires quand on vient dans lire 2000.

    C’est délicat d’exposer une œuvre aussi riche en une page. Mais je vous la recommande. Peut être qu’enfin on acceptera de retirer un peu de gloire à ce cher Tolkien et qu’on regardera un peu plus du côté des mythologies, Chinoises et Grecs (après tout, L’Odyssée peut être rangée à coté du Xijou-Ji).

    Parmi les héritages de ce mythe chinois, on peut aussi citer brièvement un style de manga : le Shonen. Destiné à un lectorat d’adolescents, voire jeunes adultes, ces mangas estampillés Shonen mettent le plus souvent en scène des jeunes gens, au départ niais ou ignorant, qui au fils d’aventures diverses, vont apprendre à la fois sur eux et sur le monde. Au terme de leur initiation, ils deviendront plus fort et pourront se confronter à des créatures puissantes, et bien sûr ils pourront les vaincre. J’ai cité plus haut Saiyuki et Dragon Ball. J’aurais pu citer Naruto, One Piece, Fullmetal Alchimist, Yu Ghi Oh, et une quantité incroyable.

     

    Conclusion

     

    Ondes sonoresPour conclure, je crois que ce qu’on peut retenir du roman d’apprentissage est surtout qu’il s’agit d’un roman de la prise de conscience. Ce n’est pas tant ce qu’on y apprend ni les étapes qu’on franchit qui comptent. Mais plutôt l’effet de ces différentes choses sur notre perception des autres, du monde, et donc de nous même. Quelque part, il s’agit bien d’un roman ontologique qui va nous permettre de donner du sens à ce qui nous entoure. Cependant, cette évolution individuelle s'inscrit dans un processus. Il est plus ou moins long, et nécessite la présence d'autrui.

    En ceci, le roman d’apprentissage est partout, et a fortiori dans les histoires d’utopies. Le plus souvent, lorsqu’une utopie vire à la contre-utopie (là, j’ai Le meilleur des mondes en tête mais on peut en trouver d’autres), c’est le résultat d’une prise de conscience du héros. De sa condition, des éléments sous-jacents qu’il ignorait et qui lui apparaissent enfin. Il s’agit bien d’un apprentissage.

    Se pose alors la question de la valeur à accorder à ce processus. Est-ce qu’il est si souhaitable quand il débouche sur une forme de « douleur » ? Est-ce que l’ignorance et la naïveté ne sont pas parfois préférables ? Quitte à être moins fort, moins paré, mais peut être aussi quitte à dépendre davantage des personnes qui nous entourent. Haulden de L’attrape cœur est bien dans ce cas. C’est bien cette fuite de l’âge adulte qui se rapproche inexorablement, cette adolescence « corrompue » par l’apprentissage de l’univers adulte, qui le rapproche dans le même temps de la solitude.

     

    Les Murmures.


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  • De retour de la neige, me voilà enfin pour vous proposer la toute dernière partie de l'interview que Lucas a eu la gentillesse de m'accorder :

     

    Ondes sonoresA.C. de Hænne : Oui, le serpent qui se mord la queue... Je ne connais que trop bien ! Sinon, quels sont tes thèmes de prédilection ?

     

    Lucas Moreno : En jetant un rapide coup d’œil aux textes que j’ai écrits ces dernières années, je remarque que certains thèmes reviennent souvent : la possession, le transfert d’un corps vers un esprit ou vice-versa, la cohabitationOndes sonores de deux esprits dans un même espace, les faux-semblants identitaires, les prolongations visqueuses du « moi »… Quand je m’en suis aperçu ça m’a dérangé, parce que j’étais conscient de produire souvent des idées relevant de cette texture-là, alors maintenant je vois plus large et j’explore d’autres horizons. J’ai trois gros carnets pleins à craquer d’idées, et elles continuent d’arriver en permanence, donc je ne me fais pas de soucis de ce côté-là… L’important, c’est surtout de mettre les idées en forme. Bosser, bosser et encore bosser. Pas de secret.

     

    A.C. : En quelques mots, peux-tu nous parler de tes futurs projets éditoriaux ?

     

    Ondes sonoresL.M. : Je dirais qu’en ce moment, mes projets très concrets sont au nombre de quatre. Tout d’abord, il y a le scénario de BD sur lequel je suis en train de travailler. Un gros éditeur a manifesté de l’intérêt, mais je dois finir de peaufiner le séquencier et le lui soumettre ces prochaines semaines. Je ne donne pas encore de nom, puisque rien n’est acquis, mais je crois beaucoup à cette histoire. C’est un univers de SF que je développe depuis plus de deux ans et qui a déjà fait l’objet d’une novella de 120 000 signes (non publiée). Je travaille sur le scénar à proprement parler depuis sept mois. Deuxièmement, il y a un roman de SF pour la jeunesse, à moitiéOndes sonores écrit, qui pourrait bien se transformer en grande saga de BD. Comme je te disais plus haut, le langage BD me va comme un gant : je suis un auteur très show don’t tell, très cinématographique, très porté sur les situations, les narrations éclatées, les dialogues, et je découvre depuis l’été passé les magnifiques possibilités qui s’ouvrent à moi avec la BD. Troisièmement, il y a le cycle de nouvelles noires et étranges dont « Le meilleur’ ville dou monde » est le récit conducteur. C’est un gros projet, déjà très construit, qui m’a fait arriver parmi les cinq finalistes du prix FEMS 2010 – et non, je ne l’ai finalement pas eu. Je compte m’y mettre dès que j’aurai fini le scénar de BD. Quatrièmement, je développe actuellement un univers de fiction historique légèrement teintée de fantastique, un truc bien costaud et ambitieux qui se déroulerait au IVe siècle après Jésus-Christ dans une Chine où le bouddhisme se Ondes sonoresteinte de taoïsme et de confucianisme. Mais c’est un gros truc, et à mon avis je ne m’y mettrai pas avant l’année prochaine.

     

    A.C. : Donc, beaucoup de boulot en perspective ! Parviens-tu à vivre de ta plume ?

     

    L.M. : Non, mais je mets tout en œuvre pour générer des revenus substantiels le plus vite possible. J’occupe un poste de rédacteur à temps partiel dans la fonction publique, un travail très bien rémunéré qui me laisse beaucoup de temps pour l’écriture. Sans compter que mon épouse me soutient à fond et travaille à plein temps, elle. :-) J’ai donc la chance de ne pas être dans l’urgence financière, bien qu’on traverse parfois des moments délicats à ce niveau-là.

     

    A.C. : As-tu un scoop (ou deux) à offrir aux lecteurs du blog de A.C. de Hænne ?

     

    L.M. : La SF suisse est en passe de tout faire péter ? :-)Ondes sonores

     

    A.C. : Ça c'est bien vrai ! Avant de te laisser le mot de la fin, j'aurais une toute dernière question : aurais-tu un conseil d'écriture aux futurs écrivains qui peuvent parcourir ce blog ?

     

    Je ne suis pas encore professionnel et je n’écris que depuis une dizaine d’années. Dans ces conditions, difficile de jouer les professeurs… Mais l’expérience et le travail acharné de ces dernières années (notamment la participation à un groupe d’écriture de fous furieux où, pendant plusieurs années, on devait rendre chaque mois des dizaines de milliers de signes fraîchement pondus et peaufinés, pour ensuite encaisser des salves de critiques aussi impitoyables que détaillées) m’ont permis de comprendre une chose : la régularité et la quantité sont des facteurs essentiels ! Ça fonctionne pour moi, mais pour avoir lu des tonnes d’interviews d’auteurs professionnels, je sais que c’est également le cas d’une multitude d’écrivains. Régularité, quantité, ténacité, réseau de bêtalecteurs… Et lire énormément, bien sûr !

     

    A.C. : Merci beaucoup ! Je crois que ça peut donner de la motivation à certains (dont je fais partie ;-) ). Voilà, c'est déjà terminé, et le mot de la fin est pour toi...

     

    Pour les initiés : « Place à la littérature ! » ;-)

     

    Voilà, c'est malheureusement la fin. Mais ne soyez pas tristes. Vous savez à présent qu'un nouvel auteur est en devenir, et qu'on risque très prochainement d'entendre parler de Lucas Moreno. Je tenais encore une fois à remercier Lucas pour sa gentillesse et sa disponibilté.

    A signaler que cette partie de l'interview a été assez difficile à illustrer. Vous pouvez donc admirer les illustrations qui sont tirées du blog d'utopod, qui est toujours disponible et visible.

    A.C. de Haenne


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  • Comme promis, voici la deuxième partie de l'interview accordée par Lucas Moreno au blog de A.C. de Haenne :

     

    Ondes sonoresA.C. de Hænne : Oui, ça m'arrive aussi de voir des choses dans le crépis de mes toilettes... Je sais aussi que tu es au sommaire de l'anthologie Malpertuis II. Quel est le titre de la nouvelle, et que peux-tu nous en dire ?

     

    Lucas Moreno : Le sommaire de l’anthologie annonce « Premier jour », mais c’est une erreur : le vrai titre, c’est « Comme au premier jour ». C’est une nouvelle de fantastique, mais c’est également ma première incursion dans le registre du polar. Ce texte a marqué un tournant pour moi, parce que j’ai compris que j’aimais beaucoup écrire à la première personne du singulier, que c’était naturel, fluide, que trouver son style, « entendre sa voix », au fond, ce n’était pas très éloigné d’écrire comme on parle. À partir de ce texte-là, je me suis pas mal décontracté.

     

    A.C. : Quelles sont tes autres nouvelles parues récemment (n'hésite surtout pas à être exhaustif !) ?Ondes sonores

     

    L.M. : Il y a « L’Autre Moi », nouvelle de SF pure et dure sur fond de post-Singularité, parue en mai 2010 dans l’anthologie Dimension Suisse, chez Rivière Blanche. Et aussi « Le meilleur’ ville dou monde », parue en version partielle dans le quotidien genevois Le Courrier et en version complète sur le site www.culturactif.ch. À vrai dire, je n’ai pas beaucoup publié à ce jour : une dizaine de nouvelles en tout. On trouve la liste dans ma fiche nooSFere.

     

    A.C. : D'où te vient ce goût pour l'écriture ?

     

    L.M. : J’ai toujours voulu écrire mais je ne savais pas comment procéder. Pendant longtemps j’ai pensé que c’était pour le style, pour les mots, mais aujourd’hui je comprends que je suis avant tout un storyteller et que c’est ça qui me procure des sensations. La SF, l’aventure, l’évasion, voilà ce qui me botte. Je crois que ma force réside davantage dans les idées, dans les structures narratives alambiquées ou surprenantes, dans les dialogues que dans le style à Ondes sonoresproprement parler. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si je travaille actuellement à un scénario de BD et que j’y trouve carrément mon compte. C’est une véritable révélation, en fait !

     

    L’autre aspect qui m’intéresse, c’est l’écriture tripale, sans concession, émotionnelle. Pour explorer ce terrain-là, j’ai choisi le polar étrange, les univers schizophrènes au bord de la rupture, les ambiances à la Lynch. La fiction d’inspiration autobiographique me titille aussi. J’explore encore les possibilités. Des écrivains comme Fante, Bukowski, Lansdale, Cavanna, Pennac ou Benacquista ont fait des choses merveilleuses dans ce registre. Et depuis quelques semaines, figure-toi que je me suis mis à la poésie, comme ça, tout naturellement. Je n’aurais jamais pensé que ça m’arriverait. J’ai toujours été plutôt imperméable à ce mode d’expression, mais c’est venu, et depuis j’essaie d’ouvrir les vannes de tems en temps.

     

    A.C. : Quelles sont tes sources d'inspirations, tes lectures ?

     

    L.M. : Je lis de tout en permanence. Polar, fantastique, SF,Ondes sonores littérature générale, comics, BD franco-belge, manga, biographies, essais, histoire... Un aperçu des auteurs que j’affectionne : Lansdale, R. J. Ellory, Jack London, Silverberg, Brussolo, Bradbury, Matheson, Gerard Donovan, Dennis Lehane, Asimov, Robert Charles Wilson, George R. R. Martin, Dan Simmons, Pierre Bordage et bien d’autres ; la liste est longue ! Je suis également boulimique de films, de séries et de musique (j’écris souvent au casque).

     

    A.C. : Quel est ta méthode de travail ?

     

    L.M. : À ce niveau-là, je suis très anglo-saxon. Je crois à l’adage « 99 % de boulot, 1 % de talent ». De fait, seule une discipline quotidienne me permet d’explorer en profondeur mon imaginaire et ma créativité. C’est comme si, tous les matins, mon conscient disait à mon inconscient : « Eh, cerveau droit, c’est 7h30, c’est l’heure de te bouger les fesses. » C’est sous stress que je fonctionne le mieux. Avec des délais, des milliers de signes à abattre par jour, etc. Comme disait Tezuka, et sans vouloir aucunement me comparer au maître, « plus je suis occupé plus j’ai de bonnes idées ». Mais comme je suis extrêmement concentré pendant le travail, je m’épuise vite, donc j’écris rarement plus de 4 ou 5 heures par jour. Sauf quand il y a un gros truc à boucler. J’ai le projet très concret de vivre de l’écriture, mais comme je ne suis pas encore professionnel, je dois me mettre en condition de manière un peu Ondes sonoresartificielle. C’est un peu le serpent qui se mord la queue : pour publier régulièrement il faut écrire beaucoup, et pour écrire beaucoup il faut du temps, or pour dégager assez de temps il faut justement que l’écriture te rapporte de quoi bouffer. À un moment donné, quand on veut vraiment devenir pro, on est forcément « en déséquilibre » à ce niveau-là, mais c’est le prix à payer et je compte bien y arriver, c’est pour ça que je travaille dur.

     

    A.C. : Oui, le serpent qui se mord la queue... Je ne connais que trop bien ! Sinon, quels sont tes thèmes de prédilection ?

     

    Passionnant, n'est-ce pas ? La suite (et malheureusement la fin) arrive dès demain...

    A.C. de Haenne


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  • Après un rendez-vous manqué à l'automne dernier pour cause d'arrêt définitif du podcast dont il était l'un des deux cofondateurs, utopod, nous retrouvons donc Lucas Moreno, mais sous un jour nouveau. En effet, c'est ici l'écrivain qui a eu la gentillesse de répondre à quelques-unes de mes questions.

     

    A.C. de Hænne : Bonjour Lucas. Tout d'abord, pourrais-tu te présenter aux lecteurs du blog de A.C. de Hænne ?

     

    Lucas Moreno : Merci de m’accueillir sur ton blog ! Je crois bienOndes sonores que c’est ma première interview en tant qu’auteur uniquement (j’ai enfin pu remiser mes casquettes d’audioéditeur et de traducteur dans un tiroir).

     

    Je suis né en Uruguay, puis ma famille s’est installée en Suisse quand j’avais huit ans. J’ai toujours voulu écrire, mais jusqu’à vingt-huit ans je me suis concentré sur d’autres domaines : langues étrangères, culture asiatique, musique, enseignement, carrière universitaire, traduction, etc. Et puis en 2002, j’ai commencé à bosser comme journaliste culturel pour divers journaux romands. Le fait de produire du texte tous les jours, de devoir tenir des délais, de pouvoir enfin écrire autre chose que de l’académique, comment dire, ça m’a dégourdi les phalangettes, et je me suis rapidement mis à écrire des nouvelles de SF et de fantastique. J’ai toujours eu une passion pour l’écriture, mais je ne savais pas comment m’y prendre : mes profs de collège et de lycée m’encourageaient, mais ils voulaient que j’écrive comme Flaubert, comme Proust, alors que moi je lisais des comics, du Barjavel, de l’Asimov, du Cavanna, du Simak, des choses beaucoup plus populaires, punchy, stimulantes pour mon imagination. Il m’aura fallu vingt-huit ans pour boucler la boucle et comprendre qu’il me suffisait d’écrire… ce que j’aimais lire !

     

    Ondes sonoresA.C. : Avant d'en venir à ton actualité d'écrivain, j'aimerais revenir sur un fait qui a marqué les amateurs de SFFF : la fin d'Utopod. T'arrive-t-il de regretter ton choix ? Quelles ont été les réactions des auditeurs ? Peux-tu nous dire deux mots sur cette aventure qui a pris trois ans de ta vie tout de même ?

     

    L.M. : Je ne regrette pas une seconde mon choix ! Je me sens soulagé, libre comme l’air, plein d’entrain pour mes projets personnels. Cela fait un bon moment que je travaille à temps partiel, le but étant de libérer un maximum de temps pour l’écriture, or ces dernières années je passais la majorité de mon temps libre à m’occuper d’utopod. Quelque chose ne fonctionnait pas. Maintenant tout va beaucoup mieux : je consacre plusieurs heures par jour à l’écriture et je me sens enfin en phase avec moi-même. Les auditeurs ont été adorables : ils m’ont soutenu dans mon choix, ils m’ont félicité pour ce que j’avais fait, ils ont compris… ça m’a vraiment fait chaud au cœur. Utopod aura été une expérience très enrichissante, aussi bien en termes humains que professionnels (j’ai appris divers métiers, et le savoir accumulé m’est d’ailleurs utile pour l’écriture). J’ai passé de belles années à produire l’émission, mais j’avais envie de tourner la page. C’est maintenant chose faite.

     

    A.C. : Venons-en à présent à l'écriture. Je t'ai découvert enOndes sonores tant qu'écrivain en lisant deux nouvelles parues dans la revue Bifrost. La première, c'est P.V. (dans le numéro 49, spécial Silverberg) et la deuxième, c'est la formidable nouvelle intitulée Demain les eidolies (dans le numéro 55, spécial Roger Zelazny). Que peux-tu nous dire sur ces deux nouvelles ?

     

    L.M. : J’ai eu l’intuition de « PV » dans un rêve. Je me promenais dans le quartier de mon enfance, à Montevideo, et c’était la fin du monde, il n’y avait plus personne dans les rues, tandis que les oiseaux chantaient des mélodies que je connaissais et qui m’émouvaient. De fil en aiguille, une idée en appelant une autre, je suis arrivé à la trame de la nouvelle. Elle parle de réalité virtuelle et n’est pas bien originale, mais c’est la première nouvelle de SF pure dont je sois vraiment satisfait.

     

    Ondes sonores« Demain les eidolies » est partie de deux expériences : un film de Mael Le Mée (musique de Jérôme Noirez) projeté aux Utopiales 2005 et… le mur crépi de mes toilettes. Poétique, n’est-ce pas ? Le film, complètement déjanté, parlait d’eidolies, ces formes troublantes qu’on devine dans les nuages, dans un repli de chemise, sur un toit de maison. Les murs de mes toilettes affichaient un relief abondant qui allumait mon imagination à chaque séjour. Je repérais de plus en plus de formes, et j’en suis venu à créer une histoire en reliant les motifs qui tapissaient la surface.

     

    A.C. : Oui, ça m'arrive aussi de voir des choses dans le crépis de mes toilettes... Je sais aussi que tu es au sommaire de l'anthologie Malpertuis II. Quel est le titre de la nouvelle, et que peux-tu nous en dire ?

     

    Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. La suite de ce passionnant entretien arrive dès demain...

    A.C. de Haenne


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  • Juste pour vous annoncer que très prochainement vous pourrez lire une superbe interview de l'auteur Lucas Moreno, interview aussi intéressante qu'exclusive. Le créateur d'Utopod revient (un peu) sur ses choix d'arrêter le podcast afin de se consacrer entièrement à son activité d'écrivain. Sans trop vouloir vous mettre l'eau à la bouche, je peux juste vous dire que c'est passionnant !

    A très bientôt, donc.

    A.C. de Haenne


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  • Ondes sonoresJuste pour vous signaler que le deuxième numéro de la revue 100% numérique Angle Mort est sortie aujourd'hui. Si vous voulez soutenir cette belle initiative, n'hésitez surtout pas à l'acheter (et pourquoi pas, plusieurs fois ! Oui, rien ne l'interdit). Faites passer l'info à un maximum de gens, que cette très jolie revue vive le plus longtemps possible !

    Bonne lecture !

    A.C. de Haenne


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