• J'ai le grand plaisir de vous annoncer que Salvek, l'animateur du blog Fantasy au Petit-Déjeuner m'a accordé une interview. En attendant que celle-ci arrive sur ces pages et que vous ayez la chance de la lire, je vous invite à retourner voir le petit article que j'avais consacré à ce blog, mais aussi à aller directement sur le site pour y regarder (et écouter) la dernière chronique de Salvek qui, en toute logique, vient tout juste d'arriver. 

    Bonne lecture et bonne écoute !

    A.C. de Haenne


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  • Broc en stock !Il est grand temps pour moi à présent de vous parler d'un médium que j'ai découvert assez récemment et qui, très rapidement, est devenu pour moi un guide pour mes lectures science-fictives.

    Mais revenons quelque peu en arrière.

    Pendant très longtemps, mes goûts de lecture se sont limités à la Fantasy. C'est un genre dont le souffle épique m'offrait une échappatoire dans un quotidien pas toujours très reluisant. Ainsi aie-je découvert des monuments tels que Howard, Leiber, Tolkien ou Zelazny... Mes quelques incursions enfantines et adolescentes dans la Science-Fiction se limitèrent à de grands classiques tels que La Machine à explorer le temps ou L'Île du docteur Moreau, d'H.G. Wells, ou bien encore Niourk, de Stefan Wul. Même si ce sont là des oeuvres importantes, elles ne m'ont pas vraiment donné l'envie d'aller plus loin dans ce genre pourtant si vaste (comme je le découvrirai bien des années plusBroc en stock ! tard...). C'est dommage, mais c'est ainsi.

    Par la suite, je découvrais des auteurs que j'estime majeurs en Fantasy, tels que Pratchett (les fameuses annales du Disque-Monde, ou la trilogie des Gnomes) ou bien encore Moorcock (Corum ou Elric...). Je me fourvoyais aussi vers des auteurs moins importants, dont Terry Brooks fait partie...

    Cependant, je sentais inconsciemment que quelque chose me manquait dans ma culture de genre. Alors que je tournais en rond avec la Fantasy, trouvant de moins en moins de nouveaux auteurs intéressants tant par le style que sur le fond, je me suis dit que pour acquérir de la matière nouvelle, il me fallait meBroc en stock ! renseigner auprès de ceux qui savent. Ainsi, je me suis rendu compte que les guides de lecture étaient des outils très utiles. Celui écrit par André-François Ruaud et publié chez Folio-SF est vraiment excellent. Il m'accompagne partout, surtout lorsque j'écume les vides-greniers et les bouquineries. Un autre moyen de recherche sur les bons Broc en stock !livres qui sortent, surtout quand comme moi on a été privé d'Internet pendant presque quatre ans, c'est la revue. Celle éditée par Nestiveqnen, Faëries, était plutôt pas mal dans son genre, avec ses nouvelles, ses critiques et les dossiers sur les auteurs. Malheureusement, elle a eu la très mauvaise idée de disparaître prématurément des rayons des librairies. Et comme j'avais pris goût à la revue, je me suis "rabattu" sur celle qui restait (dans le même ordre de prix, j'entends). 

    Et cette revue, c'est Bifrost bien sûr ! Dès les premières pages de celle-ci, ça a été pour moi une véritable révélation. 

    Mais pourquoi un titre aussi pompeux à cette chronique qui vous narre une découverte que bien d'autres avant moi avaient eu le bonheur de faire ? Parce tout un monde s'ouvrait alors devant moi : celui de la Science-Fiction !

    Là où je trouvais que la Fantasy piétinait quant aux thèmes abordés, les sujetsBroc en stock ! de la SF semblaient aussi infinis que l'univers (que souvent elle décrit...) Et c'est la revue Bifrost qui m'a ouvert les yeux, me faisant découvrir des auteurs comme Robert Silverberg ou Lucius Shepard... Grâce aux numéros consacrés à Tim Powers ou China Miéville, entre autres, j'ai approfondi mes connaissances de ces auteurs incontournables. Cependant, établir la liste des découvertes que j'ai faites grâce à Bifrost risque de se réveler une tâche bien trop fastidieuse !

    Fort de ses 620 abonnés (apparemment, leur nombre ne cesse d'augmenter), la revue Bifrost s'adosse à une structure éditoriale de taille moyenne, Le Bélial'. Sans être totalement Broc en stock !florissante (les temps sont durs...), cette maison d'édition exigeante est tout de même assez solide pour permettre la pérennité de sa revue. Soixante numéros en quinze ans en est la preuve flagrante. En effet, rares sont les revues naviguant dans les eaux de l'Imaginaire qui durent aussi longtemps. La participation active à Bifrost de grandes signatures comme Xavier Mauméjean, Thomas Day ou Broc en stock !Claude Ecken (pardon pour ceux que j'oublie...) est une preuve supplémentaire du dynamisme de cette revue.

    Mais alors, me direz-vous, pourquoi diable suis-je en train de vous parler de Bifrost, outre le fait qu'il s'agit-là d'une revue formidable ?

    Eh bien tout simplement parce que je viens de recevoir aujourd'hui même le numéro 60 de ma très chère revue. C'était donc pour moi l'occasion de vous en faire part. Pour tout vous dire, rien que la splendide couverture signée par un Eric Scala très en forme vaut le coup d'oeil. Ensuite, et c'est bien là l'essentiel, le dossier de cette mouture d'automne est consacré aux vampires. Bien sûr, certains aigrefins accuseront la revue de surfer sur la mode des suceurs de sang, mais cela n'entamera en rien mon plaisir de cette lecture devenue essentielle !

    Voilà ce que je pouvais vous dire de ma découverte de cette formidable revue qui m'a permis de m'ouvrir à tout un pan de la littérature de genre. J'aurais bien sûr l'occasion de chroniquer ce numéro très bientôt...

    A.C. de Haenne


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  • Broc en stock !Comme elle cherchait le témoignage de quelqu'un ayant été publié sur un support audio, Isa a tout de suite pensé à mon texte "Los Trabajadores Invisibles", paru commeBroc en stock ! vous le savez sur le site de Donner de la voix. Elle m'a posé quelques questions pour faire partager mon expérience aux jeunes auteurs qui, comme moi, auraient envie de se lancer dans l'aventure de l'audio-publication. Même si c'était un exercice tout à fait nouveau pour moi, je m'y suis plié avec un réel plaisir, et j'espère sincèrement que cet entretien vous plaira. Je ne sais pas si c'est le début de la gloire, mais en tout cas cela ne me laisse pas indifférent et je goûte chaque instant...

    Pour accéder au blog d'Isa, cliquez ici : L'actualité d'une jeune auteur.


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  • Bonjour. A l'occasion du cinquième mois d'existence du Blog de A.C. de Haenne, j'ai réussi à établir, grâce à vos réponses aux différents sondages, le portrait-robot du visiteur-type de ce blog. Voilà ce que cela donne :

    "Je suis un homme qui aime la Science-Fiction et qui connait le Steampunk. Comme je lis au moins trois livres par mois, je les trouve en occasion, et je ne pense pas que le livre électronique soit une bonne idée. Quand je lis de la Fantasy, elle est plutôt anglophone et mon héros de référence dans ce genre est Aragorn. Cependant, je ne connais pas le blog vidéo "Fantasy au Petit-Déjeuner", alors qu'Utopod m'est familier. Mon détective privé préféré est Sherlock Holmes. Je regarde légalement de deux à six films par mois. Une toute dernière chose : je trouve le Blog de A.C. de Haenne super chouette !"

    Si vous vous reconnaissez dans ce portrait-robot, n'hésitez pas à vous exprimer en laissant un petit commentaire.

    Comme chaque mois, je vous fais ce petit cadeau :

    Broc en stock !

    C'est tout pour aujourd'hui. J'espère que cela vous a plu. Si tout va bien, je devrais avoir une bonne nouvelle à vous annoncer très bientôt...

    A.C. de Haenne


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  • Broc en stock !Depuis ses débuts en 1962 au sein d'une annexe de la revue satyrique américaine Mad, le génial réalisateur étasunien/britannique (rayez la mention inutile) Terry Gilliam (né en 1940) n'a eu de cesse d'inventer un univers cinématographique qui lui est propre.

    Dès ses premiers courts-métrages, le baroque est présent. J'ai la chance d'avoir dans ma vidéothèque son tout premier : Storytime (1968). Il nous y narre la vie d'un cafard (qui finit mal), celle d'un pied qui veut vivre sa vie à lui, ou bien encore des cartes de voeux mélangées où un choeur d'enfant se fait massacrer par des indiens...

    En 1964, il rencontre John Cleese, et en 1969 ilBroc en stock ! forme avec Chapman, Idle, Cleese, Palin et Jones la bande des Monthy Python, dont il réalisera certains des films, dont le formidable Monthy Python : Sacré Graal (1975), co-réalisé avec Terry Jones. Après l'arrêt de la fameuse troupe à l'humour so british, certains membres joueront dans les films qu'il réalisera par la suite. Bien que ce soient des productions hollywoodiennes pour la plupart, il saura avec plus ou moins de bonheur tirer le meilleur du système pour conserver cette esthétique qui fera sa renommée par la suite...

    Tout au long de sa carrière, aussi longue que peu productive (11 films en 34 ans !), Terry Gilliam reprendra certains thèmes qu'il semble apprécier tout particulièrement.

    La Folie

    Broc en stock !On rencontre un si grand nombre de fous dans le monde de Terry Gilliam qu'il est difficile d'en faire le tour. La folie douce du baron de Münchhausen dans Les Aventures... (1988) qui portent son nom. Fisher King (1991) où le personnage joué par Robin Williams est complètement frappé. Dans L'armée des douze singes (1995), Bruce Willis est interné dans un hôpital psychiatrique où il rencontre un Brad Pitt totalement givré... 

    L'onirisme

    C'est grâce aux rêves que Sam Lowry s'échappe de la dystopie kafkaïenne de Brazil (1985). Dans Bandits, bandits (1981), c'est aussi un rêve qui permet au jeune garçon de rejoindre le monde imaginaire et de voyager dans le temps...

    La drogue  

    C'est un thème assez récent qu'il a surtout développé dans son fameux film adaptéBroc en stock ! du roman de Roman S. Thompson, Las Vegas Parano (1998). On le retrouve aussi, mais de manière moins provocatrice, dans le méconnu Tideland (2006)

    Bien sûr, ce qui fait la particularité de Terry Gilliam (et qui fait que je l'adore, entre autres choses...), c'est avant tout l'esthétique totalement foutraque de ses films : machinerie incroyable et totalement déglinguée, costumes tout droit sortis d'une friperie, décors improbables de friches industrielles, tronches diformes des personnages... Le plus incroyable, c'est que malgré les années, Terry Gilliam parvient à conserver cette touche si particulière qui nous fait dire : "C'est sûr, c'est un film de Terry Gilliam !"

    A chacun de ses films, Terry Gilliam nous montre le monde de la marge sans jamais aucun pathos. Il aborde des sujets a-priori sensibles avec un tel burlesque que l'on plonge (ou pas...) dans son univers avec ravissement. J'aime tout particulièrement la gaîté qui se dégage de ses films.

    Et son tout dernier long-métrage en date, L'Imaginarium du docteur Parnassus (2009), ne fait absolument pas exception à la règle. C'est même un impressionnant mélange de tout ce que je viens de dire !

    A.C. de Haenne


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  • Broc en stock !

    Comme je vous l'annonçais le 10 août dernier, l'un de mes textes a été retenu par Donner de la voix. Ce blog met en ligne de courtes nouvelles sous forme de lectures que l'on peut très facilement écouter, soit en streaming directement sur le site de Donner de la voix, soit en passant par un agrégateur de style iTunes. Il y a aussi une version PDF...

    Los Trabajadores Invisibles n'est pas à proprement parler une nouvelle "mauvais genres". Cependant, elle me tient vraiment à coeur, notamment à cause du thème qu'elle aborde. Et puis aussi parce que c'est ma toute première publication, et j'en suis très fier !

    Après l'avoir écoutée, n'hésitez surtout pas à revenir ici pour me dire ce que vous en pensez. Vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point votre avis m'intéresse.

    A.C. de Haenne

    P.S. :  Champagne ! 


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  • Juste un mini-article pour vous dire que j'ai assisté, hier soir, aux Broc en stock !Papous dans la tête, l'émission animée par Françoise Treussard, et  diffusée habituellement sur France Culture le dimanche de 12h45 à 14h00. Là, comme il n'y avait pas d'enregistrement, c'était juste pour ceux qui, comme moi, avaient fait le déplacement à Pau. Avec pour cadre un magnifique théâtre à l'italienne, la bande des Papous nous ont bien fait rigoler. Comme d'habitude, serais-je tenté de rajouter.

    Si je vous parle de ça, outre pour vous faire partager le plaisir que j'ai ressenti, c'est avant tout parce que cet évènement exceptionnel se déroulait à l'occasion de la deuxième édition de l'aller-retour dans le noir, le nouveau festival du polar de Pau. Cette année, le président du festival n'était autre que Jean-Bernard Pouy, célèbre écrivain de romans noirs, l'inventeur notamment du personnage du Poulpe, mais aussi l'un des piliers de l'émission de France Culture.

    A l'issue de l'émission, tout à fait fortuitement, j'ai croisé Jean-Bernard Pouy dans la rue où il était sorti fumer son clope. On a même pu échanger quelques mots...

    A.C. de Haenne  


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  • A l'issu de la séance durant laquelle on nous a projeté La fiancée de Frankenstein,Broc en stock ! Cyril Jouhanneau, formateur en cinéma, nous a éclairé sur ce qui fait la spécificité des films de monstre, et ce dès les tout débuts du cinéma.

    Selon Cyril Jouhanneau, il existe une analogie entre le cinéma et le monstre. En effet, le cinéma est comme la créature du Professeur Frankenstein. Issu d'éléments inertes, indépendants les uns des autres (images, sons, musiques, scénario, dialogues...), le cinéma est un subtil assemblage qui permet aux images de prendre vie, de s'incarner, de s'animer devant nos yeux ébahis.

    L'une des plus formidables innovations technologiques de la toute fin du XIXème siècle était, au tout début, ignorée par l'élite et cantonnée aux baraques foraines, là où l'on exposait déjà les "monstres" humains. Le cinéma était alors un monstre comme les autres.

    Broc en stock !Puis très vite vinrent des artistes comme Georges Méliès qui s'emparèrent de cet outil formidable pour laisser libre court à leur imagination. A sa suite, ce furent d'abord les européens qui montrèrent des monstres au cinéma. Murnau bien sûr, avec son célèbre Nosferatu (1922), mais aussi Wegener et son Golem (1920), et bien d'autres...

    Quand les américains décidèrent de s'emparer de la figure du monstre pour l'inscrire sur le grand écran, nous sommes au tout début des années 30. Trois figures vont durablement marquer l'imaginaire des spectateurs. Le vampire dans Dracula (1931) de Tod Browning, la créature créée à partir de cadavres dans Frankenstein (1931) puis La fiancée de Frankenstein (1935) de James Whale, et leBroc en stock ! singe géant dans King Kong (1933) de Merian C. Cooper et Ernest B. Shoedsack. Tod Browning revint en 1932 avec un film extraordinaire, Freaks, qui rendait hommage aux "monstres" humains, mais aussi au cinéma des origines, celui des baraques foraines (mais on aura l'occasion d'y revenir...)

    Dans les années 50 arrivèrent sur les écrans des monstres japonais tels que Godzilla (à partir de 1954) ou bien encore Gamera (1965). Ces deux monstres connurent une grande carrière (surtout au Japon il faut bien le dire). Ils sont tous les deux issus de catastrophes nucléaires, ce qui représente le principal traumatisme des japonais depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

    Voilà, encore une fois, avec cet article je ne visais pas l'exhaustivité. Simplement, je voulais vous faire partager juste un peu la formidable soirée que j'avais passée jeudi dernier. 

    A.C. de Haenne


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  • J'ai assisté ce soir à une sorte de conférence animée par Cyril Jouhanneau sur le thème de "La figure du monstre au cinéma", suivie par le film de James Whale, La fiancée de Frankenstein. 

     

    Broc en stock !

    C'était vraiment intéressant. Comme j'ai très envie de vous en faire part, je reviendrai donc vous en parler dès demain...

    A.C. de Haenne


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  • Après l'interview d'Isabelle Guso que vous avez été très nombreux à lire, et à apprécier visiblement, j'ai pris la décision de mettre en veilleuse ce blog. En effet, après quatre mois et demi d'investissement important pour vous faire part de ce qui forge ma culture Mauvais Genres, j'ai ressenti le besoin de me recentrer sur mes propres travaux d'écriture. Mais rassurez-vous, seule la partie accueil est concernée. Je continuerai à écrire des articles dans les rubriques Livres, Cinéma, BD et Broc...

    Et puis, surtout, n'hésitez pas à (re)lire l'interview d'Isabelle Guso : première partie, deuxième partie, troisième partie, quatrième partie. Vous pouvez aussi vous replonger dans l'entretien que j'avais eu avec Flo, des Lyonnes de la SF : première partie, deuxième partie.

    Enfin, j'aimerais vraiment que, si vous ne l'avez pas déjà fait, vous alliez répondre aux sondages. Je prépare pour le 16 octobre (marquant le cinquième mois de ce blog) un portrait-robot du visiteur du Blog de A.C. de Haenne (Mauvais Genres...) Merci encore pour vos réponses.

    Voilà, c'est tout. J'ai plein de nouvelles idées d'articles. Néanmoins, si vous avez des idées de sujets, ou des envies, n'hésitez pas à m'en faire part. Je vous dis à très bientôt, donc...

    A.C. de Haenne


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  • Comme je vous le disais dans l'article que j'avais consacré au festival international de science-fiction de Nantes, les Utopiales sont pour moi une formidable occasion de rencontrer des auteurs.

    Voici la magnifique affiche de l'édition 2010, qui se déroulera du mercredi 10 au dimanche 14 novembre :

    Broc en stock !

    Elle est signée Druillet, qui sera le président du jury pour la bande-dessiné. Et en plus, vous avez vu, il y a l'Elephant !

    La liste des auteurs est visible ici...

    Eh oui, Flo, China Mieville sera bien présent à la cité des congrès !

    A.C. de Haenne


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  • Me revoilà donc, dès la première heure de ce samedi 25 septembre, pour vous proposer la lecture de cette dernière partie.

    A.C. de Haenne : Quelle a été ta réaction quand tu as reçu la bonne nouvelle de ton éditeur ?

    Isabelle Guso : C’est là que j’aimerais pouvoir raconter quelque chose de plusBroc en stock ! classique. J’ai eu un manuscrit accepté cette année. Une trilogie de 2000000 signes, trois ans de boulot et une éditrice tellement conquise qu’elle m’a appelée pour me le dire. Son directeur de Comité de lecture voulait poser une option sur le manuscrit (il ne l’avait pas encore fini) pour être sûr que quelqu’un d’autre ne le prendrait pas avant. C’est l’aboutissement de tout un travail et c’est très flatteur.

    Mais pour Présumé Coupable, l’histoire est très différente. Mon éditrice m’a honteusement manipulée pour que j’écrive ce livre. Elle est le « on » à l’origine du lien qui est à l’origine de l’histoire (vous suivez ?). J’avais commencé de moi-même à lui parler d’un sujet et nous nous sommes trouvé des points de vue communs. Puis elle m’a envoyé ce lien comme un éclairage de ce dont nous parlions. Je l’ai suivi et ce que j’ai lu a fait naître le besoin d’écrire une histoire sur le sujet. Ce qui a été accueilli par un magistral « ça tombe bien, j’aimerais éditer quelque chose sur le sujet ».

    Normalement, le projet aurait dû prendre plus de temps, elle ne s’attendait pas à recevoir une soumission cinq jours plus tard. Cependant, il n’y avait aucune certitude qu’elle accepte. Contrairement à ce qu’on pense parfois, une petite maison d’édition ne peut pas se permettre de publier un mauvais livre par copinage. Surtout le livre d’une inconnue dans le milieu ! Il fallait donc que le manuscrit soit à la hauteur de ses attentes.

    Quand je lui ai envoyé le mail, elle m’a dit qu’elle lirait ça quand elle pourrait mais qu’elle manquait de temps en ce moment. Puis le soir même, quelques heures plus tard, elle m’a juste écrit qu’elle l’avait lu et qu’elle en pleurait. Ma réaction spontanée (et sincère) a été de lui demander si elle pleurait parce qu’elle était émue ou parce que c’était si mauvais qu’elle était consternée. J’ai attendu la réponse jusqu’au lendemain. Chouette nuit !

    En toute honnêteté, quand on écrit quelque chose aussi vite, on n’a plus aucun recul dessus, ce qui fait que je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Alors quand elle m’a dit que oui, le manuscrit était accepté, j’ai ressenti quelque chose d’assez indéfinissable. Je crois que j’étais avant tout soulagée de savoir que « j’avais été à la hauteur » et très émue, à titre personnel, de savoir que je l'avais touchée, elle.

    Maintenant, je suis un peu dans la même attente vis-à-vis du lecteur. Plus que l’éditeur, c’est lui que je veux atteindre par cette histoire. Et je doute qu’il me dise le soir même de la sortie ce qu’il en a pensé. Mais peut-être que certains pleureront, qui sait ?

     

    A.C. : Alors, voilà Isa, nous approchons de la fin de cet entretien. Je tenais vraiment à te remercier pour la sincérité de tes réponses. Elles ont permis, il me semble, de lever un voile sur l'écrivain que tu es, et sur la sensibilité de la personne qui se trouve derrière. Je te laisse, à présent, le mot de la fin.

    Broc en stock !Isa : Je tiens juste à rappeler que je serai à la librairie Neverland (Yvelines) ce samedi 25 septembre pour montrer ma solidarité à ce désir de maintenir des petites librairies dans des banlieues qui n'ont pas un accès facile à la culture. J'ai tenu à faire ce voyage parce que c'est quelque chose qui me tient vraiment à cœur ! Le témoignage de cette libraire m'a beaucoup touchée (allez jeter un coup d'œil sur son blog !). Je ne cherche pas particulièrement à vendre des Présumé Coupable (on n'en aura pas des centaines avec nous, de toute façon !), je voudrais juste avoir l'impression que ma présence a servi à quelque chose. La libraire a également mis en place une solution de prêt ou de contribution pour ceux qui ne peuvent pas venir, c'est une façon d'aider aussi. Mais je comprends qu'on n'ait pas forcément envie d'envoyer de l'argent au petit bonheur la chance. C'est pourquoi je vous propose de venir là-bas, si vous pouvez y acheter des livres (quels qu'ils soient) ce sera super ! Mais juste votre présence peut suffire à montrer aux banques que cette jeune femme passionnée par son travail n'est pas seule dans son combat, qu'elle peut être un placement intéressant (eh oui, faut parler le langage bancal... oups, bancaire !) s'ils ne la coulent pas maintenant. Je ne tiens pas à me montrer trop moraliste sur ce coup-là parce que je sais qu'on a tous nos soucis d'argent, nos vies, plein de choses à gérer... Mais si vous pouvez, essayez de vous manifester. Je trouve vraiment que sa vocation en vaut la peine !

    A.C. De Hænne

    Vos récents commentaires semblent indiquer que cet entretien vous a plu, et je m'en réjouis. Je vous remercie toutes et tous ! Intrigué par l'allusion d'Isa sur cette prochaine publication, j'ai découvert que le roman en question n'était autre qu'une trilogie que j'avais eue entre les mains du temps où je faisais partie du Comité de Lecture d'Argemmios. Comme j'ai beaucoup apprécié cette période, ça m'a donné envie de poser quelques questions supplémentaires à Isa. Nous nous sommes donc donné rendez-vous pour une prochaine interview. À très bientôt, donc... 

     


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  • Voilà donc la troisième partie de l'entretien...

     

    A.C. de Haenne : Le premier octobre sortira chez Griffe d'Encre ta première novella, Présumé coupable,PC pour les intimes.Avant de parler de ton livre en particulier, peux-tu nous expliquer ce qu'on entend par le terme de novella? Ensuite, que peux-tu nous dire de ta maison d'édition, quels liens as-tu tissé avec celle-ci ?

    Isabelle Guso : Une novella est un roman court (entre 80000 et 300000 signes ec, en gros). J’ai découvert ce format avec Griffe d’Encre. C’est assez particulier comme construction parce que certains auteurs l’utilisent vraiment comme un roman court, quand d’autres le font comme une nouvelle plus longue (texte à chute, ou alambiqué, plus centré sur un instantané ou une réflexion ponctuel que sur le développement d’une intrigue). D’après l’éditrice, c’est même un format à part avec son rythme propre. Quand elle entame un texte, même si elle en ignore la longueur, elle sait très facilement ressentir ce rythme. C’est un format qu’elle aime beaucoup, raison pour laquelle elle a créé une collection particulière pour ce type de récit peu publié en France.

    Griffe d’Encre est une maison dont j’estime beaucoup le travail. Je leur ai proposéBroc en stock ! deux textes qui ont été refusés pour la Terre et l’anthologiste a pris le temps de m’expliquer ces refus avec un avis très constructif. Pour l’Air, j’avais visiblement appris de mes erreurs parce que mes deux textes ont été présélectionnés. C’est à partir de là qu’on a commencé à communiquer. Le travail en collaboration s’est bien passé, d’un côté comme de l’autre, puis, comme souvent dans ce monde-là, on a appris à se connaître davantage jusqu’à tisser des relations personnelles.

    C’est un milieu assez étrange à ce titre, parce que la nature même de notre travail pousse à un investissement personnel. Quand la collaboration se passe mal (éditeur maladroit dans ses remarques, auteur trop imbus de lui-même pour accepter les critiques constructives ou mauvaise communication entre les deux…), les clashs prennent souvent une tournure personnelle. Mais quand c’est le contraire, on en vient facilement à étendre les sujets de discussion et à sympathiser au-delà du travail. J’imagine que c’est vrai dans tous les métiers, mais l’édition me paraît un secteur particulièrement propice à cela.

    Broc en stock !A.C. : Venons-en maintenant à ton livre, Présumé coupable. J'avais déjà eu l'occasion de te dire à quel point je trouvais la couverture magnifique. Toi, comment la trouves-tu ?

    Isa : Question piège !

    De prime abord, je n’ai pas aimé la couverture. Je n’y retrouvais pas l’ambiance de ma novella, ni le caractère de mon personnage. Mais en fait, je m’en doutais avant même de la voir. Le premier contact avec une couverture, c’est aussi la première fois qu’on laisse quelqu’un d’autre s’emparer de l’histoire qu’on a écrite et imposer son regard dessus. Pour une novella qui m’avait autant tenue à cœur, c’était une coupure du cordon délicate.

    Ce qui n’a pas aidé, c’est qu’aucun de mes amis ne l’a aimée. Maintenant, je découvre qu’elle sait trouver son public. En fin de compte, je crois que cela ne me déplaît pas d’avoir une couverture qui ne laisse pas le public indifférent.

    A.C. : Sans trop en dévoiler, que peux-tu nous en dire ?

    Isa : Qu’elle a très peu de chance de laisser le lecteur indifférent. Et que c’est tout ce que j’espère. Qu’elle heurte ou qu’elle émeuve, je souhaite surtout qu’elle touche son public, qu’elle amène le lecteur à réfléchir, peut-être à repenser le monde un peu autrement, en remettant en cause certaines certitudes.

    Pour être plus prosaïque, c’est un texte qu’on peut classer dans le registre du Fantastique (mon genre de prédilection) même si la magie ne prend pas une part très importante dans le récit. J’y raconte la quête d’un homme, un combat pour changer sa vie.

    A.C. : Combien de temps as-tu mis pour l'écrire ? Comment t'es venue l'idée de cette histoire ?

    Isa : Cinq jours !

    A.C. : Ah oui, quand même !

    Isa : Oui, bon, ça va paraître très court, je sais. Mais le contexte était très particulier ! « On » (j’y reviendrai plus tard) m’a envoyé un lien sur Internet pour lire un billet sur un blog. Je ne peux pas en dire trop sur le sujet mais disons que ce que j’ai lu m’a profondément bouleversée. Sachant comment je fonctionne, cela a fait naître le besoin d’écrire. Sauf que cette fois-ci, c’était une nécessité presque vitale. Je n’ai fait qu’écrire pendant ces cinq jours. J’écrivais dans la voiture (ce n’est pas moi qui conduis, hein ? N’appelez pas les flics !), en allaitant mon fils (pratique, ça prenait plusieurs heures par jour), en mangeant, sur le dos de la liste de course… J’écrivais même quand je ne pouvais pas écrire : sous la douche ou en cuisinant, les phrases venaient toutes seules et je devais courir derrière un bout de papier pour les noter.

    Après cinq jours à ce rythme-là, j’ai apposé le mot « fin » et j’ai pu respirer à nouveau.

    A.C. : Quelle a été ta réaction quand tu as reçu la bonne nouvelle de ton éditeur ?

    Voilà. Suite et fin le plus tôt possible demain...

    A.C. de Haenne


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